École : Public vs Privé

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Beaucoup de parents se posent cette question : je mets mon enfant dans le privé ou le public ? Je ne te cache pas qu’elle m'a taraudée et ma décision était il y a quelques temps, pensais-je, prise. Mais j'ai changé d'avis et malgré les scandales de ces dernières années je vais t'expliquer pourquoi il est possible que mes enfants soient scolarisés dans le public.



L'école c'est quoi ?


Oui tu sais, l'école publique est le joyau de la République. Elle a cet idéal d’enseigner tout autant l'enfant du bourgeois comme celui de l'ouvrier. Elle a pour but de former les citoyens de demain, ainsi que plus prosaïquement les travailleurs de demain. Elle s'inscrit surtout dans un objectif, permettre à l'enfant d'ouvrier d'exploser les barrières sociales qui font qu'on est ouvrier, cadre etc de père en fils.


Mais qu'en est-il aujourd'hui ? Bien aujourd'hui ça fonctionne encore… ça fonctionne mieux surtout dans les établissements où l'école a les moyens de ses ambitions.


L'épreuve du bulletin de notes... En tant que parent, l'avenir de nos enfants constitue l'une des préoccupations majeures. Crédit photo : Canva.Crédit photo : Canva

L'école rencontre une crise des vocations. Sans compter que les élèves semblent beaucoup moins réceptifs voire récalcitrants à recevoir les connaissances. Face à cela, certains parents craignant que leurs enfants se retrouvent pris dans un engrenage qui les laisserait sur le bas-côté, se disent que le privé est la solution.


Eh bien ! Je crois que nous avons tort d'aborder le problème ainsi. Pour t'expliquer pourquoi je pense ainsi, permets-moi de te raconter mon histoire



Je suis le produit de l'école publique


Eh oui ! J'ai fait une scolarité tout à fait banal en établissement public. De mon point de vue, même si je n’ai jamais redoublé dans le primaire et le secondaire, je ne dirai pas que j’aie réussi mes études. Toutefois, j’ai tout de même obtenu un master 1 et je trouve que cette scolarité a tout de même été un avantage pour moi.


J’ai toujours été une élève médiocre. Attention la médiocrité est le fait d’être approchant de la moyenne ! J’étais occupée à d’autres choses et il ne m’a jamais été possible de déployer mon plein potentiel. J’ai manqué de redoubler, ma sixième ainsi que ma quatrième. En troisième, l’équipe pédagogique estimait que ma place était en professionnelle. Mon orientation n’a jamais été un sujet de discussion pour mon père : cadre et fils de préfet. J’ai filé droit dans un lycée général et technologique.


Mais à ce stade je peux déjà te parler du premier élément qui a sauvé ma mise. En quatrième j’ai intégré une classe qui avait un bon niveau (germanistes LV1, latinistes et hellénistes). Je me suis fait de nouvelles amies qui sont devenues une source d’encouragement silencieuse. Elles travaillaient bien, j’étais bien avec elles, je faisais donc le minimum pour m’assurer de continuer la route. Et puis il faut le dire aussi simplement, elles m’aidaient à de nombreux égards : notamment en maths et en français. Oui parce que je n’ai pas toujours bien écrit !


Le choix de mon lycée s’est aussi basée sur mes fréquentations. Là où sont parties mes amies les plus proches, je suis allée. Et c’est ainsi que j’ai atterri en 1ère L. Bon je n’étais pas trop stupide et avais une idée plutôt claire des efforts qu’allait me demander une 1ère S. La 1ère ES ne semblait pas non plus être la bonne option. La STG, il n’en était pas question. J’adorais l’histoire-géographie et le français. La 1ère L s’imposait naturellement. Sauf qu’elle s’est révélée beaucoup moins de tout repos que je ne l’imaginais ! J’ai été BOUS-CU-LÉE !


Nous avions en première un professeur de français qui s’apparentait à un vieux dragon. Professeur normalien, interdit de correction au baccalauréat, professeur de français des Maths-sup Maths-spé… C’est en résumé le pedigree de mon prof de français en 1ère L. La fin de l’ère de l’à peu près était nécessaire. D’entrée de jeu il fut évident que je n’avais pas ma place dans cette classe dont le niveau était élevé. Il ne manqua pas l’occasion de le dire à demi-mot ; et j’avais saisi le message ! Je devais une nouvelle fois élever mon niveau.


Cette année a été de loin, la plus formatrice pour mon caractère. J’aime à dire qu’il a laissé une marque indélébile sur la personne que je suis : il a changé ma trajectoire par son exigence et sa passion de la langue française. Il a été, je le crois, le seul professeur qui a eu un véritable soucis quant à mon devenir. Il était d’ailleurs le seul à me dire par deux fois : “je sais maintenant que tu vas avoir ton bac !”


Un an plus tard il était là le jour des résultats et de la remise des livrets scolaires. Seules ses félicitations comptaient.



Des connexions divines


Si je t’ai raconté tout cela ce n’est pas pour te dévoiler ma vie, mais pour te faire comprendre que ce n’est pas une question d’établissement… En tant que parent, je t’invite plutôt à considérer les choses sous l’angle de la recherche de la volonté de Dieu.


Au-delà de nos caractères, de nos talents et nos capacités, la croissance de l’être que nous sommes appelés à être se fait par le contact de personnalités qui changeront de toute manière la nôtre pour correspondre au plan de Dieu.



L'uniforme cristallise ce désir de retour à des valeurs qui pour beaucoup garantissent la réussite de nos bambins... Mais est-ce vraiment un gage de réussite ? Crédit photo : Canva

Beaucoup m’ont souvent confié que mon écriture les touchait, était belle et captivante. Mais elle est le résultat d’un passé douloureux et tumultueux, d’une conscience qui s’est éveillée au monde dans la souffrance et l’incompréhension ; qui a été façonnée par les personnes merveilleuses que j’ai rencontré et par l’épreuve du travail et de la persévérance que je me suis imposé.


Alors finalement ce n’est pas bien une question de privé ou de public, mais plutôt de demander à Dieu où la pousse mystérieuse qu’est notre enfant s’épanouira pleinement ; quelles sont ces Audrey, ces Ophélie, ces Marie, ces Emilie qui accompagneront l’être qu’il est dans sa croissance et se révéleront tout simplement des compagnons de son épopée. Car oui il est question d’épopée, de hauts faits et de victoires et de leçons à apprendre (je hais à l’infini le terme “échec” en éducation).


J’ajouterai à cela que le choix du public peut aussi constituer un geste politique fort ; d’autant plus si l’enfant est brillant. Car au final, si tous les chrétiens et qui plus est les chrétiens doués fuyaient ces espaces, comment la ville s’en porterait ? Ce sont nos enfants, par l’éducation que nous leur donnons qui sont appelés demain à être des flambeaux pour ceux qui marchent dans les ténèbres.


Alors voici pour ma part la prière que je fais pour mes deux hobbits ! Et je crois que Dieu entendra ma voix. Parce qu’en fait je dis “mes”, mais ces jeunes térébinthes sont surtout à lui !


Et toi ? Comment vois-tu les choses ? N’hésite pas à m’en faire part. Ce sera un vrai plaisir pour moi de te lire.


Amicalement tienne,


Celvie

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